Danny Gaudreault
L’ensemble de mon travail vise à évaluer la distance entre le symbolisme que j’accorde à des objets personnels et leur fonction utilitaire telle qu’elle peut être perçue par l’audience. En général, je crée des actions performatives qui explorent et exprime le rapport, fétichisé ou sacré, que j’entretiens avec divers articles usuels. Au fil des ans, j’ai utilisé les mêmes objets (des pistolets à eau, des masques enfantins, des oiseaux morts, des animaux de peluche ou une paire de sous-vêtements souillés) à plusieurs reprises dans mes performances, dans un effort d’ajouter des couches significatives et surtout afin de contrôler le symbolisme accordé aux objets en fonction du contexte performatif. C’est simultanément une métaphore de la manière dont je construis mon identité et une partie littérale du processus de déconstruction et de création de l’identité.
Afin d’explorer différentes façons de m’approprier l’espace (parfois l’architecture et le mobilier urbain) dans le déploiement d’actions performatives inscrites au sein d’installations éphémères, j’ai présenté mes performances dans différents contextes et différents lieux: une brasserie populaire, un parvis d’Église, un parc urbain, une ruelle ainsi que lors de différents événements de performance au Québec.
La nature des objets que j’utilise dans mes performances est liée à une histoire spécifique mélangeant des archétypes aux symboles personnels et à plusieurs dualités universelles: présence / absence, rêve / cauchemar, homme / animal, féminin / masculin, beauté / horreur et mémoire / fantasme.
Mon processus de création ne suit pas une structure prédéterminée, mais émerge plutôt d’une recherche consistant à travailler diverses suites d’actions adoptées délibérément dans le moment présent. En conséquence, ce processus devient une partie intégrale du travail conceptuel. À titre d’exemple, ce processus a fait naître des actions comme éventrer des animaux en peluches (Cohésion et autres tentatives), pleurer des larmes de cire (La domestication des instincts) ou encore frotter vigoureusement mon ventre, sur lequel était projeté une photo floue de moi enfant, à l’aide d’une brosse à récurer (D double Ment).
Au cours des dernières années, l’idée que l’objet puisse révéler une présence a pris une signification considérable dans le contexte de mon travail en performance. La croissance de ma relation symbolique face aux objets choisis est devenue centrale tout comme je suis devenu préoccupé par la dualité de la présence / absence.
Basé sur le désir de composer une mythologie personnelle, mon travail fait écho à l’affirmation identitaire en se révélant par de nombreuses références autobiographiques et une imagerie personnelle. Principalement actif en art performance, le dessin, l’installation et la vidéo sont également des médiums que j’utilise – souvent inscrit l’un à l’instar de l’autre.







