NT2
Mandat
Le NT2 entend favoriser, en études littéraires, cinématographiques et en histoire de l’art, un renouvellement des pratiques d'analyse et une adaptation aux transformations actuelles.
Les corpus littéraires, artistiques et cinématographiques ne se limitent plus à des formes traditionnelles d’œuvres et il devient nécessaire d’étudier en quoi les nouvelles formes impliquent de nouveaux modes de manipulation, de compréhension et d’interprétation, et comment elles renouvellent le traitement des figures de l’imaginaire.
Au moment où le champ fertile de la textualité électronique acquiert ses lettres de noblesse, il apparaît de plus en plus clair que nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer le substrat matériel de toute production littéraire. Une réflexion sur la matérialité des supports ne peut plus être reléguée au rang d’une sous-spécialité en périphérie des études littéraires ; elle doit devenir centrale, faute de quoi nous aurons bien peu de chances d’en arriver à une histoire nuancée et bien fondée des transformations que connaît la littérature sous l’impact des technologies de l’information.
—N. Katherine Hayles, Writing Machines
Le texte, le film, l’œuvre d’art sont des réalités que l’on a appris à appréhender et des objets que l’on sait manipuler. Ceci n’est plus vrai avec les nouvelles formes d’œuvres. Le numérique en modifie de façon importante les pratiques d’analyse.
Les textes numérisés sont animés, mis en réseaux ou en séquences, ouverts par des hyperliens à d’autres textes, en relation avec des images et des sons, inscrits dans des environnements complexes qui en transforment l’expérience. Comment manipuler de tels textes en mouvement, comment les étudier et les analyser, comment les citer, les segmenter, les donner à lire? Comment aussi les produire, à travers des expérimentations qui profitent des dernières technologies disponibles?
L’image aussi subit des transformations importantes. Son statut s’est complexifié : elle peut être entièrement virtuelle, comme elle peut avoir été numérisée et retravaillée, modifiée ou subtilement perturbée. Elle devient aisément interactive et elle est intégrée à des œuvres hypermédiatiques. Comment aborder cette image? Comment définir les nouvelles pratiques artistiques auxquelles elle donne lieu?
Une constatation s’impose donc : l’art numérique existe. Il a une histoire, déjà vieille d’une quarantaine d’années — les premières utilisations de l’ordinateur par des artistes remontent aux début des années soixante —, il a aussi un avenir qui s’annonce prometteur.
—Edmond Couchot, « Où en est l’art numérique? »
Simplement énoncé, le NT2 vise à permettre le développement de recherches de pointe sur des oeuvres de plus en plus en mouvement, sur leurs modes d’accès et leurs ressources symboliques.





