Observatoire internationale du numérique Montréal (OINM)
Un Observatoire philosophique du numérique
Il est impensable pour un Observatoire du numérique de suivre à la course, le nez dans le guidon – disons sur l’internet – tous les changements technologiques qu’on annonce tous les jours, tous les congrès internationaux ou non, tous les usages sociaux et les succès commerciaux, tous les enjeux démocratiques, toutes les présentations publiques d’art numérique. Cette tâche encyclopédique relèverait de l’utopie et exigerait des ressources humaines et des budgets tout aussi utopiques. En outre, on risquerait de perdre de vue l’essentiel dans le détail de cette accumulation.
Nous avons plutôt fait le choix d’une observation philosophique sur les évolutions du numérique, que les ingénieurs et les entrepreneurs n’ont guère la possibilité de mener, et qui pourtant est indispensable pour comprendre les tendances globales des industries et des cultures numériques. Même l’École polytechnique de Montréal, qui ne manque ni de laboratoires, ni d’experts en technologies numériques, a eu la finesse paradoxale de faire appel à deux philosophes susceptibles de repérer et déchiffrer les imaginaires numériques, les usages sociaux et les tendances émergentes. Cette approche macro sociologique, psychologique, idéologique et culturelle est peut-être le plus difficile des défis dans un environnement qui change si vite, mais c’est précisément ce qui nous manque le plus. En météorologie, il ne suffit pas de noter les averses et la force du vent au jour le jour localement. La vertu principale de la météorologie est de comprendre les grandes tendances et de prévoir l’avenir à moyen terme. Mais alors que la météorologie demeure factuelle, la philosophie du numérique ne se limite pas aux technologies. Elle prend en compte un facteur supplémentaire, et de loin le plus complexe : les comportements et les valeurs humaines en interaction avec des évolutions technologiques.
Hervé Fischer
Le contexte
Les nouveaux médias sont en transformation permanente tant sur la scène locale qu’au niveau international. La connaissance actualisée de leur évolution et des innovations, qui surgissent constamment et dans tous leurs champs d’activité, est devenue une nécessité incontournable pour tous ceux qui font de la recherche et de la création dans ce domaine, tant du point de vue de l’art que des industries culturelles, des enjeux esthétiques que sociologiques et technologiques. Les enjeux sont reliés non seulement aux arts et aux technologies numériques de communication, notamment interactives, mais aussi aux problématiques art/science. Dans le domaine des nouveaux médias numériques en général, Montréal jouit déjà d’un positionnement international reconnu, notamment en cinéma numérique et en jeux vidéo, mais celui-ci doit être consolidé et élargi.
Cet Observatoire du numérique viendra consolider des initiatives de collaboration internationale individuelles existantes, mais dispersées, qui gagneront à être réunies. En outre, il développera des collaborations de chercheurs canadiens et avec des centres équivalents à travers le monde, procurant ainsi une vitrine pour nos recherches et nos créations.
Nos objectifs
Il s’agit donc, en créant cet Observatoire, de :
Consolider les efforts et les activités déjà existantes dans notre communauté (la Veille du CIAM, le Dictionnaire des arts médiatiques du GRAM, les activités de veille reliées aux axes d’Hexagram, les besoins de la SAT, du Centre de documentation et de recherche de la Fondation Daniel Langlois, etc.)
Renforcer la synergie des acteurs montréalais pour qu’ils travaillent davantage ensemble, le milieu étant actuellement très dispersé ou segmenté
Mettre Montréal sur la carte du réseau international qui passe par Köln, Karlsruhe, Linz, Londres, New York, Helsinki, Nagasaki et Tokyo, etc. et qui compte des institutions internationales reconnues comme Leonardo, Ars Electronica, le ZKM, l’IAMS, etc. , mais qui doit aussi collaborer avec des institutions d’Amérique latine, de Chine, d’Asie et d’Australie.
Attirer des talents d’envergure à Montréal.
Assurer une diffusion large et complète des tendances, des recherches, des savoir-faire, des produits, tant du point de vue artistique qu’industriel et culturel (séminaires spécialisés, conférences, colloques, tables-rondes) au niveau québécois, canadien et international.
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