LES NARRATIFS SCIENTIFIQUES COMME INTERCESSEURS D’UNE POLYSÉMIE INTERDISCIPLINAIRE /Pierre Przysiezniak – 13 au 15 octobre 2017

Habité. Nous étions dans un bien étrange paradis. 2013. Installation d’écrans ; Résidence Hexagram ; encres sur couches multiples de polythènes transparents suspendus et éclairages, détail ; 3m x 2m x 2m, photo Pierre Przysiezniak
J’aime à penser que la genèse est en périphérie, du moins fréquemment là où l’on ne regarde pas, là où l’on ne la prévoit pas. D’où l’utilité de l’augmentation du champ de perception hors cadre, ce à quoi s’attèle inlassablement l’humain scientifique qui aime après coup raconter ce qu’il voit, ce qu’il a découvert, ce qu’il fabule pouvoir découvrir. Et puis le récit, en outil et mécanisme, créateur et mnémonique, rassemble et tisse ces notions. Ces histoires parfois précèdent, projettent, dressent une toponymie temporaire (les paradigmes de l’heure), aidante, autour desquelles le monde se retrouve: des mythologies contemporaines à partir desquelles rayonner.
– Pierre Przysiezniak –

 

Description

Les apprentissages proposés seront arrimés aux notions scientifiques explorées avec les récentes créations et conférences du formateur : comment ses dialogues avec certains champs scientifiques (et leurs narratifs, imaginaires, scénarios et vocabulaires), dont les neurosciences (perception, cognition et esthétique), la biologie théorique, la biomimétique et certains aspects de la physique quantique, ont alimenté sa pratique et l’articulation de sa démarche. La formation sera portée par la collégialité des discussions, catalysée par les échanges, avec scientifiques invités également, relances et questions sur les notions présentées. Son encadrement, outre les présentations, animations de rencontres et direction d’exercices, tiendra en une attention à la qualité des échanges dont découlera une gestion modulable de la durée de chaque activité. La dynamique pédagogique s’enrichira des personnes réunies et de leurs contributions. Les exercices accompagnant chaque rencontre serviront à établir des dialogues distincts, personnels, avec les imaginaires, vocables et paradigmes scientifiques identifiés par et pour chaque personne, cherchant à contaminer positivement les pratiques individuelles. La formation espère offrir aux participants une facilité d’approche et sensibilité accrue aux discours et narratifs scientifiques et leur permettre de mettre ces notions en dialogue avec leurs pratiques ainsi que de les intégrer à l’articulation de leurs démarches.

 

Objectifs

En cette ère saturée de « storytelling(s) », qu’ont à se conter les arts et les sciences et comment se le content-ils ? Le formateur offrira et animera des rencontres et échanges entre des chercheurs en neurosciences, astrophysique, mathématiques et les participants. L’ensemble des propositions du séminaire espère alimenter les réflexions individuelles et du groupe ainsi que la prise de conscience d’enjeux tels :

  • Comment et pourquoi nous assemblons, au travers nos perceptions et cognitions, des narratifs ;
  • Observer comment ces processus s’articulent dans les narratifs scientifiques ;
  • Les contaminations entre les dispositifs discursifs ;
  • Comment aucune dérive cognitive ne peut échapper à « ce dont nous sommes faits » et par le fait même, à la structure et nature des choses ;

Le séminaire cherchera à permettre à chaque participant d’établir un dialogue distinct entre les narratifs, vocables et imaginaires scientifiques abordés et sa propre pratique afin qu’il puisse enrichir sa compréhension de celle-ci et éventuellement intégrer des éléments de cette réflexion dans l’articulation de sa démarche.

Ces animations et discussions seront complétées par des exercices conscientisant certaines mécaniques cognitives et narratives.

 

Plan général de l’atelier

Des documents et informations préparatoires seront acheminés avant le séminaire, de même qu’un sondage sur les champs et notions scientifiques d’intérêts pour les personnes participantes.

Jour 1   (vendredi 14 octobre, 18-21h) – Introduction et présentation du séminaire ; brève mise en contexte par la présentation de certaines créations scéniques et visuelles du formateur (intégrant diverses notions en biologie théorique, astronomie et neurobiologie) : intention, contexte, processus, critique des résultats ; visionnement d’une entrevue du mathématicien du chaos René Thom par le cinéaste Jean-Luc Godard ; une discussion suivra afin de préparer la rédaction des questions pour les rencontres et discussions des jours suivants avec le neuroscientifique Maurice Ptito et l’astrophysicienne Helenka Przysiezniak ; remise d’une sélection de textes pour alimenter les échanges du séminaire.

Jour 2   (samedi 14 octobre, 13-16h) – Rencontre et discussions avec le neuroscientifique de l’optique Maurice Ptito et des étudiants de son groupe de recherche de l’Université de Montréal ; la rencontre sera ponctuée de brèves présentations permettant aux participants d’en découdre directement avec le chercheur quant aux termes, notions et narratifs de la perception et de la cognition ; parmi les pistes qui seront abordées : les complexités des perceptions et leur indissociabilité des émotions, les modes cognitifs du glissement, de la dispersion et du flou (pourquoi le cerveau est configuré pour s’échapper, dériver, bondir), les besoins «  narratifs  » du cerveau ; comparatifs, échanges et mises à l’épreuve de « vocabulaires et narratifs » « de part et d’autre de la table », entre artistes et scientifiques.

Jour 3   (dimanche 15 octobre, 9-12, 13-16) – Conférence et discussion avec l’astrophysicienne Helenka Przysiezniak via Skype sur son parcours de 20 ans au CERN (Centre européen de recherches nucléaires) ; discussions et éclaircissements sur les termes de la physique qui se retrouvent fréquemment dans les discours artistiques ; les doutes des scientifiques et la fragilisation d’une « théorie du tout » ; réponses et retours sur les questions mises de l’avant par le groupe. L’après-midi consistera en une série d’expériences/exercices : dessins probabilistes ; tropismes et sélections (glanages et ordonnancement) comme gestes structurant ; accumulations et auto organisations ; les conclusions du regard et l’autobiographie de la perception ; table ronde finale avec discussions conclusions des résultats.

 

Biographie du formateur

Artiste en arts visuels, artisan, chercheur et concepteur scénique, Pierre Przysiezniak débute dans les arts graphiques, avant d’exposer ses œuvres à l’Université de Montréal, Oboro et la Galerie Jolliet à Montréal, ainsi que dans diverses expositions collectives. Il fait un apprentissage d’artisan scénique à l’opéra avant d’entreprendre ses propres explorations de nouveaux procédés scénographiques. Il entame sa démarche de nouvelles écritures scéniques et de concepteur en collaborant à diverses créations hybrides en danse, théâtre d’image et arts interdisciplinaires avec la metteure en scène et chorégraphe Johanne Madore. Ils cofondent un groupe de recherches théâtrales pour prolonger leurs explorations. Il a été honoré de nombreuses bourses (CALQ, CAC, CONACULTA, CRSH) et résidences (Banff, Hexagram, Centre national des arts de Mexico, etc.) en arts visuels, inter, théâtre et danse. Il est chargé de cours à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM et cofondateur du Regroupement Pied Carré. Il poursuit ses créations interdisciplinaires, soutenues par une pratique exploratoire du dessin.

 

Évènement Facebook: À venir

Coût: 75$

Durée: 12 heures

Horaire: Vendredi 13 octobre de 18h à 21h.

Samedi 14 octobre de 13h à 16h.

Dimanche 15 octobre de 9h à 16h (incluant 1h de pause)

Nombre de participant-es accepté-es: 10

Lieu: La Cenne, 7755 boul. Saint-Laurent, suite 300. Montréal

 

Pour vous inscrire, veuillez nous contacter par courriel à info@raiq.ca ou par téléphone au (514) 868-8011.